Salle 2 - Lithique, céramique,
faune et environnement

Jusqu’à l’avènement du métal, c’est la pierre qui a constitué une part essentielle des outils quotidiens des hommes préhistoriques. Ils ont pu l’utiliser sous forme de blocs assez gros, plus ou moins mis en forme : ce sont les meules, enclumes, percuteurs et autres marteaux, toutes sortes d’outils dédiés à des actions de broyage, écrasement, concassage, lissage, et que l’on regroupe sous le terme de « macro-outillage ».

La recherche d’outils tranchants a très tôt amené l’Homme à façonner des fils plus ou moins réguliers sur ces blocs de pierre, depuis l’apparition du chopper dans les temps les plus anciens jusqu’à la lame de hache polie, emblème historiographique du Néolithique. Ce façonnage de blocs se fait par la taille, c’est-à-dire par la percussion maîtrisée d’un bloc de matière première à l’aide d’un outil en pierre ou en matière dure animale (bois de cerf) ou végétale (buis). Mais, toutes les roches ne se prêtent pas de la même façon à un tel débitage contrôlé. Il faut pour cela qu’elles soient homogènes, suffisamment fragiles pour pouvoir être débitées tout en étant suffisamment résistantes pour que les supports produits ne s’abîment pas trop vite. Les silicites (silex, chailles, calcédoines) présentent toutes ces qualités et ont été intensément mises à profit par les hommes préhistoriques pour produire couteaux, armatures de projectiles, grattoirs, racloirs, etc.

La manière de tailler ces roches a extrêmement varié et évolué au fil du temps et de l’espace. Ces manières de faire, ces chaînes et schémas opératoires, sont le reflets de traditions techniques et de choix culturels, propres à chaque groupes humains. Les armatures de pierre dont les hommes préhistoriques armaient leurs projectiles, pour la chasse ou la guerre, illustrent bien les différences de pratiques au fil du temps : elles peuvent ainsi être perçantes, tranchantes ou composites (c’est-à-dire mobilisant plusieurs éléments tranchants et/ou perçants sur un même fût).

Si la hache est l’outil emblématique du Néolithique au point que les préhistoriens du XIXe siècles l’aient érigée comme symbole du Néolithique qui signifie Âge de la « Pierre Nouvelle », elle n’est en réalité pas tout à fait nouvelle puisque les hommes du Paléolithique et du Mésolithique fabriquaient des haches en bois de cerf ou en pierre taillée.

La réelle invention du Néolithique est le polissage de cet outil pour en renforcer la solidité, la longévité et aussi permettre un meilleur affûtage du tranchant utilisé soit comme hache, soit comme herminette. Là encore, les roches utilisées sont très variées avec des degrés de dureté et de résistance variables, suggérant parfois des fonctions distinctes. Certaines de ces lames sont d’ailleurs si petites qu’elles correspondent sans doute plutôt à des objets de parure, d’ornement, voire de jouets.

Le polissage

Au XIXe siècle, les préhistoriens avaient adopté le terme de « Néolithique » qui signifie Âge de la « Pierre Nouvelle ». Cette période correspond à l’introduction du polissage de la pierre.

Si la hache est l’outil emblématique du Néolithique, elle n’est en réalité pas tout à fait nouvelle puisque les hommes du Paléolithique et du Mésolithique fabriquaient des haches en bois de cerf ou en pierre taillée.

La réelle invention du Néolithique est le polissage de cet outil pour en renforcer la solidité, la longévité et aussi permettre un meilleur affûtage du tranchant.

Certaines haches de 5 à 7 centimètres sont limitées en efficacité. Il s’agirait là d’objets de parure ou d’ornement, réalisés dans des matériaux rares.

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La céramique, mais encore…

La céramique est une innovation fondamentale dans l’histoire des techniques inventées par l’Homme à la Préhistoire.

La céramique est un « état » de la matière, en l’occurrence d’une matière argileuse mélangée à de l’eau. Ce mélange permet d’obtenir une pâte à laquelle l’artisan potier peut donner la forme qu’il désire suivant différents procédés de façonnage. Cette forme est fixée de manière définitive par la cuisson à suffisamment haute température. Le mot « poterie » désigne le récipient en céramique.

Les formes des poteries, les décorations et les techniques utilisées pour leur fabrication suivent des modes, s’inscrivent dans des traditions. Elles permettent de révéler des identités culturelles propres à un groupe social, dans une zone géographique et une période données.

Durant la Préhistoire, les poteries ont de multiples fonctions. Elles servent au quotidien pour la consommation des aliments (gobelets, assiettes, bols…), leur préparation et la cuisson (jattes et marmites), ainsi que pour le stockage et la conservation des denrées (jarres pouvant être de grande contenance).

Mais certains vases peuvent également posséder une valeur symbolique de représentation ou encore d’accompagnement des morts.
L’intérieur des vases peut livrer des résidus organiques. Ce sont des dépôts pouvant correspondre à des restes alimentaires analysés pour déterminer ce que les populations passées consommaient.

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De l’os à l’animal

Des origines de la domestication au Proche-Orient vers 10 000 ans av. J.-C. à son arrivée et son développement dans le Midi de la France, il s’est écoulé 4 000 ans.
Pendant cette longue période de contacts avec des milieux différents, les animaux se sont adaptés et ont sans doute subi des mutations naturelles qui ont pu être favorisées par l’Homme. Les changements sont particulièrement visibles sur la taille et sur la grosseur des os qui ont diminué et se sont affinés ; ils se traduisent aussi sur les crânes où on observe des brebis sans corne.
Si aux périodes anciennes, il est difficile de connaître les colorations du pelage et les formes des oreilles et de la queue, la domestication a entraîné toute une palette de formes et de couleurs, que nous observons encore aujourd’hui.

  • Mouflon asiatique (Ovis orientalis) à Mouton (Ovis aries)
  • Chèvre sauvage (Capra aegagrus) à Chèvre domestique (Capra hircus)
  • Aurochs (Bos primigenius)à Bœuf domestique (Bos taurus)
  • Sanglier (Sus scrofa scrofa) à Cochon (Sus domesticus)

Pour des espèces domestiques (bœuf, porc) dont existe - ou existait - un représentant sauvage, il est très difficile de distinguer de manière sûre le statut de l’animal à partir d’un os. Si des mesures peuvent orienter la détermination, les variations naturelles de taille et de corpulence de l’espèce sauvage viennent troubler cette détermination : aurochs femelle ou taureau domestique ? En revanche, les plus petites et les plus grandes mesures tombant hors de l’espace de variation de l’espèce peuvent nous indiquer que nous avons un os d’animal domestique ou sauvage.

Les animaux rencontrés par les premiers Néolithiques étaient donc bien différents de ceux qui sont partis du Proche Orient. Cette transformation des animaux, naturelle ou choisie par les Hommes, ne s’est plus arrêtée et a conduit à nos races actuelles au XIX° siècle. Par exemple, la race bovine Aubrac, bien que connue dès le XVIII° siècle, est une sélection d’individus ayant des caractères morphologiques bien spécifiques, caractères qui sont héréditaires et créés en fonction des besoins et/ou des choix des éleveurs.

Bien que connaissant les animaux domestiques, les hommes du Néolithique de Roquemissou nous ont principalement laissé des restes osseux d’animaux chassés. Leur consommation de viande semble plus tournée vers la chasse que vers l’élevage qui devait avoir d’autres buts (échange, lait des caprinés, fumier, nettoyage des champs...). Les élevages spécialisés (lait, viande) ne s’instaureront quant à eux qu’à partir du XVIII° siècle. Les animaux domestiques n’avaient sans doute pas de fonction particulière, ils étaient source de nourriture et de travail et participaient ainsi à la vie des populations (échange, pouvoir, richesse). La chasse unique pourvoyeuse de viande des Mésolithiques laisse entrevoir que le milieu était propice aux espèces d’espaces ouverts et forestiers (aurochs, cerf, sanglier, chevreuil) qui ont nourri les Hommes jusqu’au Néolithique final.

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Flore et microfaune

Microfaune Parmi les sédiments qui composent les couches archéologiques, de nombreux vestiges peuvent être retrouvés. Certains sont issus des activités humaines liés à la production de leur outils (débris de céramiques, outils en silex, etc.) ou de leurs habitats (débris de murs en torchis par exemple). D’autres témoignent de leurs pratiques alimentaires : os d’animaux, graines, noyaux et coques de fruits… Des témoins plus fragiles sont également présents, comme quelques vertèbres de truite fario, de carpes ou encore de goujons qui témoignent de la pratique de la pêche dans le cours de l’Aveyron voisin.
Mais les sédiments livrent aussi les vestiges plus discrets d’espèces vivant avec l’homme ou à proximité de leurs habitats, comme la souris. Les restes sont apportés généralement par les oiseaux de proies nocturnes qui peuvent chasser jusqu’à une distance de 3 km autour du site : campagnols,musaraignes, loirs, écureuils, mulots, taupes etc. Quelques chauves-souris sont également attestées. Dans les périodes les plus anciennes, plus froides, le campagnol des neiges et des lièvres, lapins…) (lagomorphes) sont également présents ainsi que quelques marmottes.
Ces restes apportent des informations précieuses sur l’environnement et le milieu dans lesquels vécurent les groupes préhistoriques.

Sédiment Les vestiges archéologiques se retrouvent enfouis dans la terre, plus précisément dans les sédiments. Ceux-ci sont des amas de particules plus ou moins grosses, notamment minérales provenant de l’érosion des roches environnantes et formant par exemple le sable ou l’argile. Ils peuvent être déposés par le vent, par l’eau, ou être apportés volontairement ou non par les hommes.
Ces sédiments recèlent une grande variété de vestiges. Ce sont bien entendu d’abord les produits des activités humaines : céramiques, silex, restes de boucherie, charbons, graines, etc. Certains, de très petite taille, ne se retrouvent qu’après un tamisage très fin des sédiments, comme ici avec un prélèvement provenant d’un niveau daté du Néolithique moyen (vers 4000 ans avant notre ère), suivi d’un tri précis, parfois sous loupe binoculaire.
Mais, des indices encore plus discrets peuvent parfois être retrouvés : les excréments, des hommes ou plus souvent de leurs animaux (les coprolithes), voire les œufs des parasites présents (la paléoparasitologie), des pollens des plantes proches de l’habitat (la palynologie), etc. À Roquemissou malheureusement, les tests effectués se sont pour l’heure révélés négatifs. Des zones plus humides, contre la paroi, pourraient avoir assuré une meilleure conservation et de nouveauxessais seront tentés à l’avenir.

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